Depuis 2021, le Togo fait face à une crise humanitaire croissante liée au débordement de l’insécurité dans le Sahel. En juin 2025, le pays comptait 55 496 personnes déplacées de force, principalement originaires du Burkina Faso. Elles sont installées majoritairement dans la région des Savanes, mais aussi dans les régions de la Kara, de la Centrale et des Plateaux.
Cette situation affecte directement 1 923 196 personnes, dont 807 742 identifiées comme à risque, avec une forte proportion de femmes et d’enfants. Pour faire face à cette dynamique, le Gouvernement du Togo, avec l’appui de ses partenaires, s’appuie sur un mécanisme central de coordination dont le lead est assuré la Coordination générale du Programme d’Urgence de Renforcement de la Résilience et de la Sécurité des Communautés (PURS) avec l’appui technique du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).
Une base de données nationale pour piloter la réponse
Entre 2024 et 2025, la Coordination générale du PURS a conduit une Évaluation Multisectorielle des Besoins (EMSB) dans les zones affectées. Validés en juin 2025, les résultats constituent aujourd’hui le socle de la planification nationale.
L’analyse révèle des besoins critiques dans les secteurs de la protection, de l’hébergement, de la sécurité alimentaire, de l’éducation, de la santé, du WASH et des moyens de subsistance. Ces tendances confirment le profil socio-économique des réfugiés publié par le HCR en 2025, qui soulignait déjà une vulnérabilité structurelle des ménages déplacés.
Une pression croissante sur les communautés hôtes
La crise a un impact majeur sur les communautés d’accueil. En 2025, 50 % des réfugiés et 45 % des PDIs sont hébergés gratuitement par des ménages hôtes eux-mêmes vulnérables. Les projections indiquent une hausse continue des personnes affectées, passant de 185 634 en 2024 à près de 195 000 à l’horizon 2027.
Les abris sont souvent précaires, sans accès à l’eau potable, à l’assainissement ou à l’électricité. Cette situation fragilise la dignité des ménages et appelle à une réponse intégrée combinant infrastructures, renforcement des capacités locales et planification territoriale inclusive.
Protection, alimentation, eau : des urgences vitales
La protection demeure un enjeu majeur : plus de 270 000 personnes avaient besoin de services de protection en 2025, contre 220 947 en 2024. Les risques incluent les violences basées sur le genre, le travail des enfants, la séparation familiale et les mariages précoces.
Sur le plan alimentaire, 52 % des personnes affectées sont en insécurité alimentaire, dont 40 % en situation de crise. Les stratégies d’adaptation négatives (réduction des repas, endettement, mendicité) fragilisent la cohésion sociale.
En parallèle, 70,34 % des personnes présentent des besoins critiques non satisfaits en eau, hygiène et assainissement, augmentant les risques sanitaires.
Une approche nationale coordonnée et inclusive
Face à ces défis, le Togo a adopté une politique hors-camp, intégrant les réfugiés dans les communautés hôtes. Cette approche est soutenue par une stratégie fondée sur le triple nexus humanitaire-développement-paix, avec pour objectif de faire évoluer les populations de l’urgence vers la résilience.
Dans ce cadre, la Coordination générale du PURS joue un rôle central de pilotage, de planification et de coordination de la réponse nationale. Elle veille à l’alignement des interventions, à la cohérence des données et à la mise en œuvre d’un paquet minimum d’assistance coordonné.
Un plan structuré pour des résultats durables
Le Plan de réponse conjoint 2026–2027 s’articule autour de trois piliers stratégiques, complétés par un pilier transversal. Aligné sur le PURS et la feuille de route Togo 2025, il vise à répondre aux urgences, réduire l’impact des chocs et connecter l’action humanitaire aux programmes de développement.
À travers cette démarche, le Togo affirme sa volonté de transformer la crise en opportunité de résilience collective, sous l’impulsion d’une coordination nationale forte et inclusive.